De la mer du nord aux palmiers de Menton

du 17 au 21 août 2013

                                                 


Dans le train qui m'amène à Dunkerque via Paris, je m'interroge. Quelle des deux envie me pousse à tenter cette Diagonale Dunkerque-Menton :
Est-ce le parcours, depuis les paysages du nord, traverser l'Aisne et l'aube, frôler le plateau de Langres, passer par la Bresse, L’Ain et Grenoble, prendre la route Napoléon,
bifurquer vers la haute vallée du Verdon puis celle du Var, déboucher à Nice. Enfin arriver à Menton par la magnifique route de la  Turbie.
Ou bien le '' défi'' qui consiste à relier ces deux villes distantes d'environ mille deux cent trente kilomètres. En sachant que le diagonaliste emporte un bagage à sa
convenance et ne compte que sur lui-même pour accomplir sa randonnée.
Le tout en un temps donné, là c'est 100 heures ou 4 jours et 4heures. En outre il établit lui-même le parcours et doit faire le contrôle aux lieux préalablement définis.
Quand il s'engage il accepte la ''règle du jeu''. Il n'y a pas à choisir, ces deux façons de voir la diagonale me motivent fortement !
 
Voilà que le TGV entre en gare Montparnasse. Comme mon vélo est transporté entier à côté de moi, je l'enfourche aussitôt. Paris au mois d’Août en vélo c'est le bonheur !
Donc je vais d'une gare à l'autre avec plaisir. Il est midi, c'est très facile de rouler dans Paris, ce samedi 17 août. J'emprunte le boulevard St. Michel. Sur l'île de la Cité pas loin de Notre-Dame, je fais quelques photos.
Ensuite croise la rue de Rivoli, à gauche le Louvre, à ma droite l’Hôtel de ville. La circulation est très fluide, c'est un plaisir de rouler à vélo. D'ailleurs je vois de nombreux 'vélib'. Plus rapidement que prévu j'arrive à la gare du Nord.

Une demi- heure plus tard, un Intercité m'amène à Dunkerque. il est 15h lorsque  je ''débarque'' à Dunkerque, pile à l'heure.Cela permet de me préparer tranquillement, en attendant le départ prévu à  15h45.
Paris, au fond Notre-Dame  
Je suis devant le commissariat, un cyclo arrive, il se présente: Michel ,''Sariste''.
Les Saristes sont sont un groupement de cyclos, (l' ADF) qui peuvent aider ou conseiller le diagonaliste dans leurs régions respectives. S'ils s'apperçoivent du non-respect du règlement, ils peuvent alerter les délégués fédéraux. Michel va m'accompagner une vingtaine de kilomètres.

Pendant que je fais tamponner mon carnet, il garde mon vélo... oui même devant le commissariat ! Le coup de Brest suffit une fois ! A l'intérieur le préposé me souhaite bonne route, je luis dis que je transmettrai son bonjour à Menton... si j'y arrive...

Dehors Michel fait quelques photos qu'il va mettre sur le site de l'amicale. Cette formalité rapidement faite, l'heure approchant, Michel me propose de faire une photo devant la statue de Jean Bart.

          
  Dunkerque quai des Hollandais

 1ere étape Dunkerque Arras 100km.

Terrils d'anciennes mines


15h45, nous partons, passons devant l’hôtel de ville, avec sa belle façade.Nous avons du mal à faire la photo devant Jean Bart corsaire du Roy, c'est jour de marché. Ceci fait, il faut y aller ! Michel prend la direction de Couderke, nous traversons Bergues. 

Ensuite nous rejoignons la D916. Le vent souffle sud-est, même plutôt sud. il est assez gênant. Peu après Wormhout, le sympathique et discret Michel me laisse.

La circulation est très fluide. Les paysages sont typiques du Nord. Les maisonnettes qui se ressemblent toutes, avec leurs murs en briquettes rouge. Beaucoup de baraques à frites. Mais aussi, le long de la route de plus en plus de cimetières et monuments de la guerre 14/18. Je poste ma CPD à Hazebrouck. Si ce n'est le vent, c'est sans problème que j'arrive sur la place Foch à Arras, à l'hébergement vers 21h15. J'ai apperçu vaguement la place des héros mais je n'ai pas le temps de visiter. La journée a été longue (levé à 4h) depuis le départ de Seysses ce matin.

Couché 22h30 réveil 2h30


 

Bergues et son fameux clocher du film : Bienvenu chez les Ch'tis



2eme étape:Arras / Brienne-lechâteau 310km.
 

Au départ à 3h30, il y a un petit crachin. Vers 7h je suis à Ham ou je dois faire le contrôle.

J'ai du mal à trouver la boulangerie qui vient d'ouvrir. Je n'ai pas vu la route de Cugny, la jeune serveuse ne connait pas la route. Dehors il fait une violente averse, je ne sais où m'abriter. D'ailleurs dans cette région il n'y a pas d'avancée ou porche pour se mettre à l'abri des intempéries, que cela soit aux bâtiments publics ou privés. Je boirai quelque chose de chaud, mais ici il n'y a rien d'ouvert. Donc c'est contre la porte de l'église que j'essaye de me protéger, tout en grignotant. Une camionnette d'ouvrier s'arrête, je m'informe : je trouverai ma route après le canal de la Somme, à la sortie de la ville. Même avec la carte je n'avais pas pensé à cela, c'est sans doute pour éviter les écoles ou petites rues que la route ancienne normale n'est pas indiquée

Les averses se raréfient, mais je suis trempé. Au bas d'une descente voici Soissons, qui est au croisement de grandes routes. Je m'arrête au premier bar. Après avoir avalé une boisson chaude, n'ayant pas envie de sortir la carte, je demande la route de Fère-en-Tardenois. Le patron me dit que je trouverai cette route ''direction Château-Tierry là-haut sur le plateau'' Me voilà parti dans la direction indiquée, dans la ville pas de panneaux. Une fois sur le plateau je m'aperçois que ce n'est pas çà du tout. Retour donc, je dois me diriger vers la gare, là effectivement je trouve le panneau.

L'erreur c'est de ne pas avoir contrôlé moi-même avec la carte.

Après Soissons finit la plaine. La pluie a cessé mais le vent trois-quart face a forci, il ralentit ma progression. La route devient granuleuse et cahoteuse. Fère-en-Tardenois est un point BCN, j'en profite pour déjeuner rapidement. J'ai une pensée pour Jaky qui est originaire du coin. Il y a de belles côtes pour arriver à Condé-en-Brie. Je dois contrôler mais le village est désert. Donc CP et photo. Le vent est toujours là, il faut tenir bon j'usqu'à Sézanne ou j'éspère une amélioration en changeant de vallée.


 
Je passe la Marne, ici c'était l'avance maximale de l'ennemi avant que Joffre n'ordonne la contre-attaque, qui réussit grace aux renforts amenés à la hâte, et au sacrifice de nos soldats. Ce fut la bataille de la Marne, début septembre 1914. Du côté de Montmirail on dirait des puits de pétrole, en tous cas le pompage est en action. Ouf voilà Sézanne, ma route s'oriente plus à l'Ouest, en effet le vent passe trois-quart arrière.

J'arrive à Brienne-le-chateau vers 21h, après une dure journée. La patronne (peu dynamique) du petit hôtel ne fait pas de repas ce soir et aux alentours tout est fermé. Je ne vais pas faire de gras dans cette Diagonale ! Par contre, au mur il y a un impressionnant tableau de la bataille de Brienne-le-château, qui a eu lieu durant les cent jours, début 1814.

Couché 22h. Réveil 2h30

3eme étape : Brienne-le-Château / Simandre-sur-Suran. 310Km
 

Bien dormi, avec l'estomac léger! Peu avant 4h. je m'élance sous une pluie fine.

Après Clairvaux, je quitte avec regret l'Aube le département de France ou la signalisation est la meilleure. A partir d'Ormoy il pleut carrément. Il fait froid. C'est la région du plateau de Langres. Quel endroit peu agréable ! Suite au jeûne d'hier soir et au ptdj frugal de ce matin, j’achète un saucisson à l'épicerie accolée à l'Abbaye d'Auberive, qui est transformée en auberge. Les salles sont impressionnantes, le mobilier d'époque bien conservé (une étoile au guide Michelin)

Je bois un chocolat chaud en mangeant le saucisson ! J'en conclus que pour tenir le coup en Diagonale il faut avoir un bon estomac et de bonnes fesses ! La pluie a cessé. Vers 13h je suis à Genlis comme prévu. L’après-midi je passe l'Osne, où je croise la route de ma première diagonale : Strasbourg-Hendaye. Je me dirige vers Chaussin et Lons-le-Saunier. Avant le départ j'avais contacté un Sariste du coin: André. Celui-ci m'avait indiqué un parcours plus tranquille à partir de Commenailles jusqu’à Macornay. Il me signalait qu'il ne serait pas là. J'ai oublié de prendre ses informations complémentaires.

Néanmoins à Commenailles je quitte la route de Lons, obligé car j'avais eu la mauvaise idée de proposer un contrôle à Savagna, sur ce nouveau parcours. Grosses difficultés pour trouver Savagna, où il n'y a rien pour contrôler et qui en fait fait partie de Montmorot. Je ne sais comment rejoindre Montmorot. Je vois une dame au fond d'une cour, le vélo étant un passeport, je vais donc au fond de la cour et lui demande le chemin. Elle m 'explique, mais c'est compliqué. Puis elle me dit « allez-y, j'arrive en voiture vous n'aurez qu'a me suivre » En effet peu après elle me double, m'attend aux croisements dans la bonne direction. Après deux km, je la remercie, je suis sur la bonne voie. C'est tout-à-fait en bas de Montmorot que je pointe. Ce n'est pas une mince affaire que de se sortir de là pour rejoindre Macornay.

J'allume le téléphone pour contacter l'hotelier de mon retard; je m’aperçois qu'il y a un message d'André le Sariste. Il me cherchait ! C'est trop tard. Je me fourvoie avant et après Courbouzon, monte des raidars, plusieurs fois, à 15% .Le temps passe et court, moi je n'avance pas. Enfin Macornay, mais il faut encore monter sur le plateau qui est à 500m d'altitude. Il est 19h40, il reste 50km. avant le terme de cette journée.

La-haut le vent est favorable puis la pente est descendante. Je file comme une bombe. 21h15, je fais une arrivée tonitruante sur la terrasse de l'hôtel restaurant de Simandre où les clients sont en train de diner, dans une ambiance très ''soft''.  Les bouteilles sont au frais dans les seaux. Une serveuse accourt « Non pas par ici, veuillez passer là-bàs » Il est vrai que j'arrive d'une façon un peu cavalière, mon éclairage éblouit les dineurs et ma tenue dénote.

Couché 23h. Réveil, 2h30.

4eme étape : Simandre-sur-Suran / Larragne-Monteglin 286Km.
 

La température est bonne au départ ce matin, à 4h moins le quart.

Mise en route laborieuse, sitôt traversé l'Ain la température baisse nettement. A Lagnieux je longe le Rhône. Je m'arrête pour m'habiller au maximum. Les eaux de ce fleuve provenant de la fonte de neiges ou de glaces, refroidissent la vallée. De plus les montagnes sont côté soleil levant, je suis à l'ombre sur les 50km de cette route, où vraiment je n'ai pas chaud. Après st Genix-sur-Guiers, cela va mieux. Je traverse St. Laurent-du-pont où avait eu lieu un grand sinistre.

A l'entame du col de la Placette, il y a trois vaches, trois belles vaches sur la route. Sans doute échappées d'une des nombreuses pâtures clôturées. Soudain arrive un semi-remorque, me double et klaxonne ! Avec les collines environnantes cela fait du bruit ! Affolées ces pauvres bêtes se mettent à galoper de front, sur cette belle départementale. Une sur la ligne médiane et les autres de chaque côté. Cela dure un bon moment personne ne peut doubler, le camion les talonne, klaxonne encore, cela fait un vacarme pas possible. Elles ne bougent pas de position, par contre elle ralentissent un peu. Il ne serait pas étonnant que l'une d'elles ait une crise cardiaque. Prudemment je les double, finis de monter le col, descends, arrive à Voreppe, ni camion ni voiture ne m'ont rattrapé. Je ne sais comment a fini cette histoire de vaches.


Là il s'agit de prendre la piste cyclable de l'Isère. Je reste trop à droite, tournicote, reviens en arrière, bref je suis mauvais. Finalement je trouve le bon bout. Avale la vingtaine de km, passe sur la passerelle Rondeau, débouche à Échirolles presque à la sortie de Grenoble.

Il est 13h. Je me restaure.

Je repars, Pont de Claix, Varces, la route Napoléon. Fini de rigoler: deux cols m'attendent. La circulation est devenue très importante. Il fait chaud. Des camions,que je croyais au repos, me dépassent, des voitures, ainsi que des cohortes pétaradantes de motos. Je monte régulier, le paysage est magnifique.

 

Le col de Fau franchi, j'aborde la descente.

Un camion qui porte du bois-d’œuvre me dépasse dans un virage à gauche, alors qu'un véhicule monte dans l'autre sens. Je maîtrise mais c'est juste. A peine dépassé, un autre semi le colle à quelques mètres, que je n'avais pas vu, manque de peu de m'envoyer dans le décor.

Passé cette frayeur je monte le col de la Croix-Haute qui est plus facile que le précédent

Au sommet, arrêt photos .

Il reste 60km de descente dans de beaux paysages pour atteindre Larragne-Monteglin, terme de l'étape. Ce soir je me 'fais un chinois', faute d'autre chose.

Couché 22h 45.

 

5éme etape : Larragne-Monteglin / Menton 230km.

 

Bip.. .Bip.Bip... 2h45... la dernière étape, vite il faut se préparer.

D'accord elle est plus courte, mais les 40 derniers km ne se feront pas à plus de 15 km/h. de moyenne. Il faut aussi un peu de marge pour faire face à quelques imprévus. Le délai se termine à 19h45.

Toilette rapide. Ensuite, plus on avance dans l'âge, plus il faut de pommades. Du talc dans les chaussettes c'est bon pour les pieds. L'huile de massage Weleda c'est bon pour les jambes. La crème solaire c'est bon pour la peau. La crème cuissard, c'est bon pour...le... c... uissard.


C'est très rare que l’hôtelier soit levé. Donc plateau ptdj, s'il y a bouilloire on chauffe l'eau pour le thé, le reste est frugal ou classique, très rarement copieux. S'habiller, mettre le baudrier réfléchissant. ranger tout dans les sacoches, les fixer. Vérifier tous les éclairages, le compteur, la bonne feuille de route. Descendre vélo avec bagages, par les divers escaliers, me voilà dans la rue. Cela me prend une heure, jamais moins.

3h45 ça roule, ça roule bien sur la route Napoléon devenue 4085.

Dabord je vois une lueur dans le ciel, ensuite j'aperçois les différents niveaux de la ville et forteresse de Sisteron. Cette localité rapidement traversée, ça descend plus ou moins. Direction Digne, traverse la Durance, son canal. Tout à coup il fait froid ! Cela a été net, j'ai changé de vallée. J'ai très froid malgré l'imper. Me basant aux prévisions météo, de 13° a 30° je n’ai pas emporté les jambières. Quelle erreur ! Je grelotte. Au croisement du Chaffaut je mets tout ce que j'ai. J'enfile sur le cuissard un corsaire de toile, qui me sert à l’hôtel ou dans le train.

Je continue sur cette petite route, qui a été élargie, je ne la reconnais pas. Ça monte mais je ne me réchauffe pas. Voilà Châteauredon, de nouveau la N85, on change de vallée. Là il fait meilleur mais c'est un vent trois-quart face qui souffle ! Les gorges de l'Asse sont magnifiques, j'ai le temps de les admirer. A Barrême, direction St.André-les-Alpes. Moriez est là. Je vois la batisse (château Moriez) ou nous avions été hébergés au tour cyclo 97. Elle est à l'abandon et en vente.

Bien qu'il culmine à moins de 900m., le col des Robines a du pourcentage. Aujourd'hui je n'ai 'plus de jus'. Voilà St. André, je tamponne, bois, et file.

 

C'est le Haut-Verdon, je longe sur une douzaine de km le splendide lac de Castillon.

Après St Julien-du-Verdon, j'attaque le col de Toutes- Aures, pas difficile, mais je ne vais pas vite. Petit arrêt au sommet:1120m.

Puis c'est la descente dans la vallée du Var.


Il est 12h30 au croisement des gorges du Cians, il y a une auberge, aujourd'hui je prends le temps pour le repas. Le séant étant douloureux, après un départ en douceur, je roule sur la N202 , en ce 21 août c'est encore bon. Au pont de la Manda, j'emprunte la nouvelle route cyclable du Var.

On ne peut éviter Nice, cela coûterait trop cher en temps et en dénivellé.

Un peu de N7, Nice aéroport, promenade des Anglais avec sa piste cyclable de six km, encombrée en ce mois d'août à16h. Malgrès tout ma progression est satisfaisante. La plage est à quelques mètres, il y a beaucoup de monde. Je demande à deux estivantes, (en très très petite tenues) de me prendre en photo devant la mer. Nice port, voilà la boîte aux lettres, j’expédie la cpa. Direction moyenne corniche, ça monte, il fait chaud. Je n'avance pas vite, il me semble que cela montait moins les autres fois.

Un replat, col d'Eze 512m., il est vrai que l'on part de zéro. Ça remonte aussitôt, passé la Turbie (altitude?), il y a une belle terrasse ombragée avec une vue pas possible, des fauteuils très accueillants... Assis devant ce beau paysage, je savoure cet instant. Comme tous les Diagonalistes, je suis étonné. Parti juste un peu plus de quatre jour de Dunkerque, me voilà regardant la grande bleue à Menton.

Le temps n'a pas paru s'écouler normalement. Au cours de cette Diagonale, j'ai eu la pluie, froid, chaud, vent de face, de côté, à l'arrière. De bons et de mauvais repas, de bons et de mauvais hébergements, des périodes de forme, puis des coups de moû, des erreurs de parcours. Bref une Diagonale classique ; il n'a manqué que quelque chose qui tienne en haleine, un incident ou autre qui mette la réussite de la Diagonale en péril ! De cela je m'en passe !


Après la menthe à l'eau, je reprends mon vélo et me laisse glisser jusqu'à Menton, Il est environ 18H.

A l’hôtel de police, le préposé prend mon carnet, hésite, va dans un autre bureau...Hé.. Hé... aucun doute il ne connait pas la chose !

il revient, met la date, l'heure et le cachet.

Pas loin, devant la mer il y a un banc, sous les palmiers de Menton.


Vélo, cadre acier, fourche carbone, pneus 25 Michelin Optimum. Deux sacoches moyennes à l’arrière, une au guidon. Éclairage : Cateye EL 530 à piles. (très puissant et économe)

Distance: 1240 km.

François Biasotto




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