Les 6 jours de Vars

Vars 2019
 



 


Photos de Jean-Yves

"COMME UN GOÛT DE MANQUE ET DE FRUSTATION"

Michel C

 
 
Vars 2017

L'aventure continue:  compte-renduphotos:

 

Vars 2016

Jean-jacques Doucet a partagé un film avec vous !
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Que du bonheur       Text et photos par Michel Corand:

 Que nous réserve cette édition 2016 ? Bien sur, nous avons déjà nos marques dans cette organisation !!! La montagne nous fascine depuis toujours et les six jours nous ont permis de découvrir beaucoup d’itinéraires ignorés mais tellement captivants. Revenir chaque année dans ce splendide décor est déjà un aveu de complaisance et pour l’organisation un plébiscite.  Sur place nous retrouvons déjà quelques connaissances mais surtout beaucoup d’effervescence dans la préparation de ce grand rendez-vous annuel. Une telle intensité d’activité dans un bain continu de convivialité, ne peut que confirmer notre envie à participer mais également nous rendre nostalgiques et impatients à nous retrouver pour une prochaine édition.

Beaucoup de qualificatifs ont déjà été employés pour décrire les différentes organisations des six jours. Toutes les éditions précédentes se sont transformées en une multitude d’excellents souvenirs et sont devenues simplement incontournables dans la réussite harmonieuse d’une saison cyclotouriste. Face à ce constat, où faut-il encore chercher pour trouver de nouveaux attraits, de nouvelles séductions, en un mot de nouveaux pôles d’intérêts, sans négliger ce que nous apprécions déjà par de dessus tout : l’envoûtement des Six Jours.

L’organisation : elle est au top depuis longtemps. Parfaitement dirigée par quelques responsables dévoués, chacune et chacun des bénévoles s’acquitte de sa tâche avec efficacité et sourire dans le sel but d’une plus grande efficacité. Les circuits : Ils sont toujours la préoccupation majeure de l’organisation et l’on s’en félicite. A n’en pas douter, il reste encore dans ces belles montagnes alpines quelques beaux parcours dont « Saint Denis, le spécialiste  » nous réserve la primeur !!!

L’édition 2016 n’a pas manqué d’originalité, malgré quelques surprises de taille sur les trois premières journées. Dimanche comme mise en jambes, nous prenons la direction du Pré de Madame Carle, situé au pied du Massif de la Meije. Une façon de contempler ce massif exceptionnel par sa face sud, avec une vue imprenable sur le glacier du Pelvoux et la barre des écrins. Pour notre deuxième parcours, le peloton prend la route en direction de la haute vallée de l’Ubaye, à la découverte des charmants villages blottis au fond de vallées pittoresques et sauvages. Après la visite de Fouillouse et sa terrible rampe d’accès, une agréable petite route nous emmène jusqu’au chemin caillouteux donnant accès au tunnel militaire du Parpaillon. (Passage aujourd’hui désaffecté reliant la France à l’Italie) Ces itinéraires, certes difficiles n’ont pourtant qu’un seul but nous faire découvrir la vie et l’activité des habitants en ces coins reculés, quelques efforts largement compensés par la découverte de paysages exceptionnels d’authenticité. Pour la dernière journée avant un repos bien mérité, nous nous dirigeons vers la vallée du Champsaur par le modeste col de Moissière. Moins connu que ces grands frères, Galibier, Agnel et autres, ses pentes fortement inclinées ont eu raisons de mes dernières forces avant de caler dans les longs passages à 14 %. Beaucoup d’effort sur une route toute en forêt, rendant les vues sur la montagne souvent inaccessibles. Dans ces forts pourcentages, étions-nous pour la plus part vraiment disposés et prêts à la contemplation ? Le col du Noyer autre spécialité du jour nous offre une réplique identique. Vaincu par l’accumulation d’un tel concentré de difficultés jugées trop violentes, je mets humblement pied à terre à deux Kms du sommet, tourne mon vélo pour redescendre en direction d’un pique nique fortement désiré et apprécié. « Un choix personnel murement réfléchi autant pour préserver le plaisir du vélo que ma propre santé » Ces modestes petits cols méconnus, délaissés ou négligés en raison de leur faible altitude, n’ont pas manqué de se rappeler à notre bon souvenir en nous offrant quelques passages impressionnants en difficultés. Un traitement amer et particulièrement indigeste (en ce qui me concerne). Après avoir assimilé tant bien que mal cette difficile entrée en matière selon sa propre condition physique du moment, arrive pour l’ensemble des intervenants la traditionnelle journée du pique nique en altitude. Organisée dans un cadre d’exception avec vue imprenable sur Vars et la route du col, elle a comme d’habitude été à la hauteur de nos attentes cette journée pique nique. Promenade dans les alpages parmi les marmottes avant le traditionnel apéro suivit d’un excellent couscous. Il n’en fallait pas plus pour clôturer cette belle journée dans la tradition de l’organisation : amitié convivialité et la joie de communiquer notre bonne humeur, d’être ensemble, tous réunis, participants, bons et moins bons, l’organisation et les nombreux bénévoles toujours de service pour nous satisfaire.

Au programme pour cette fin d’édition 2016, une façon de terminer en apothéose et d’oublier les terribles rampes de Fouillouse, Moissière et du Noyer, deux cols de légende restent au menu. Agnel, ce géant dans la chaine des grandes Alpes nous offre encore ces plus beaux atouts sous un soleil radieux. Avec de telles conditions climatiques, gravir ce col, malgré quelques passages « rebelles » n’a été qu’un pur bonheur.

Encouragé par une armée de marmottes toujours aux aguets et inquiètes d’une telle invasion de cyclos sur leur territoire, des alpages tapissés de mille fleurs, une vue grandiose sur les sommets parsemés de névés, tout cet ensemble nous a permis d’oublier nos douleurs pour se consacrer uniquement à la contemplation et au bonheur d’un environnement d’exception.

Ultime récompense avant de nous quitter pour une longue année, La Cayolle se profile comme un au revoir à l’édition 2016. Autre joyau des Hautes Alpes, ce col prestigieux représente à mes yeux l’un des plus beau parcours du massif du Mercantour. De ce fait, idéalement située à proximité de Vars, son ascension représente l’itinéraire incontournable des Six jours. Malgré un temps maussade, ce col garde pourtant sous les nuages, tout son attrait et une fascination certaine avec des passages variés de toute beauté. Des gorges escarpées du départ aux alpages d’altitude envahis d’énormes blocs rocheux, les nombreuses cascades du Bachelard offrent en continu leur chant rageur et puissant. Avec une ascension raisonnable toute en douceur, au gré des virages, la route offre également un alignement de ponts du plus bel effet. Cet itinéraire concentre à lui seul tous les attraits et les paysages typiques de la haute montagne.

Ces quelques rappels de paysages enchanteurs que nous offre si généreusement ce merveilleux massif Alpin, ne sont que de pure forme, simplement pour ne pas oublier que la montagne nous fascine avant de nous rappeler une nécessaire humilité dans le choix de nos parcours et à modérer nos ambitions. Toujours ménager monture et condition physique si l’on veut apprécier inlassablement, paysages et les charmes de la montagne jusqu’au dernier jour.

Si l’ensemble des nombreux circuits proposés n’a plus de secret pour les habitués des six jours, il faut donc chercher ailleurs d’autres curiosités. S’attarder sur la vie des Varscins dans ce milieu rude et ingrat. Pour nous, simplement de passage, tout parait exceptionnellement attrayant et séducteur. Pourtant, avons-nous imaginé vivre en ces lieux à longueur d’année, particulièrement durant les hivers interminables ? La vie doit y être bien rude dans ces nombreux villages perdus au fond des vallées, isolés et coupés du reste du monde. Au cours de nos différents circuits, Ils se sont montrés idylliques et séducteurs ces petits villages, tapis derrières de hautes falaises, protégés de la bise et des avalanches. Malgré ces clichés attrayants, Il reste pourtant un inconvénient majeur dont on ne peut se protéger : la solitude et l’isolement forcé durant de longs mois.

C’est aussi une vie professionnelle particulière pour toute une population, obligée de se reconvertir en permanence et de s’adapter à chaque saison afin de vivre de façon décente.

Le hasard d’une rencontre dans la longue montée de la Cayolle m’a permis de rencontrer un berger accompagnant son troupeau de montons dans les alpages, aidé de son inséparable et fidèle compagnon, un superbe border colley. Nous avons conversé un long moment sur plusieurs sujets, de son métier et de sa passion, son choix et plus généralement de sa vie en ce milieu souvent hostile et difficile. Jeune, 20 à 25 ans, il s’est étonné de notre façon à concevoir nos vacances, nos loisirs, de visiter à vélo ces rudes itinéraires de montagne. Toute cette débauche gratuite d’énergie l’interpelle sur la conception de nos loisirs et le laisse perplexe. Quelques kilomètres plus haut, c’est une bergère qui est à l’ouvrage. Même âge et même passion pour son métier, nous avons également longuement échangé sur divers point de vue avant de poursuivre, elle avec son troupeau et moi vers ce sommet encore bien éloigné. La magie des Six Jours, c’est aussi cela, le hasard d’une rencontre et la possibilité d’échanger sur bien des contraintes professionnelles, sur un autre mode de vie, de comparer la vie à la ville avec cet univers montagnard si particulier et exigeant. Ce milieu rude et difficile de la haute montagne réserve pourtant bien des surprises à qui sait écouter et regarder vivre cette population paysanne trop souvent ignorée et délaissée en raison d’une vie simple et difficile liées à un environnement exceptionnellement beau mais aussi souvent dur et exigeant .

En 2009, lors de notre première participation Gilette et moi, nous avons pensé que participer à cette superbe organisation, c’était l’adopter et y revenir de nombreuses fois. C’est aujourd’hui confirmé, nous sommes tombés amoureux, séduits par cette belle organisation des Six jours et par un cadre nulle part égalé. En somme, une multitude de raisons qui favorisent souvent à l’excès cette osmose avec la population locale, même très éloignée de l’organisation. Quelque soit la ou les raisons évoquées pour notre attachement aux Six Jours, le mot amitié reste bien l’atout principal en toile de fond, un lien indispensable toujours présent à chaque instant, sur la route, chez les bénévoles chez les participants mais également chez les nombreux Varscins de rencontre. C’est sans aucun doute cette fraternité collective qui fait en priorité le charme et la réussite de l’organisation.

Beaucoup d’éloges pour une manifestation parmi beaucoup d’autres. N’y a-t-il aucun reproche à formuler pour nuancer ce tableau peut être trop idyllique ?

Tout dépend de l’état d’esprit dans lequel on aborde cette organisation, de ses capacités personnelles à négocier la haute montagne et ses difficultés.

En somme bien peu de chose si l’on considère que la simple évocation de Vars contribue déjà à clarifier la liste des prétendants !!! La montagne est un terrain de jeu idyllique mais tellement exigeant, redoutable et imprévisible. Tout est si beau sous le soleil !!! Pourtant, ignoré que la montagne lorsqu’elle se déchaine est souvent cruelle et dangereuse, c’est se fracasser sur la première difficulté et renoncer à jamais à ces petites joies intérieures déclenchées à chaque passage de col. Notre préparation 2016, elle n’a pourtant pas été idéale. Trop de petits ennuis sont venus perturber notre préparation et contrarier notre joie à participer à cette grande fête collective. Sur L’organisation elle-même, l’inconvénient majeur à retenir est l’approche nécessaire pour le circuit sur la troisième journée (105 Kms aller/retour). Egalement ses deux principales difficultés : le col de Moissière et le col du Noyer. Des difficultés majeures pour un intérêt touristique moyen. (Même si les vaches de la vallée du Champsaur sont parait-il plus belles que les femmes).

Des conditions climatiques exceptionnellement clémentes, une armée de bénévoles au petit soin, une organisation rondement menée, non je ne vois aucun mécontentement ni reproche à formuler. Sauf événement majeur ou indépendant de notre volonté, je suis persuadé que nous ferons encore acte de présence pour l’édition 2017.

Notre point de chute, il fait également partie de notre récidive à venir aux Six Jours. Nous avons trouvé non seulement un hébergement à proximité mais des amis que l’on a plaisir à retrouver chaque année. La Vieille Auberge « du bonheur et de la bonne table » résume parfaitement l’accueille des Varscins. A peine les valises posées, on se sent chez soit, adopté et entre amis. Un fait largement positif qui à l’avantage de nous faire oublier notre manque de préparation. A ce sujet, faut-il encore croire que l’on peut s’améliorer passé un certain âge ? Que l’on peut balayer les contraintes de la nature par un entrainement rigoureux, millimétré, appuyé par un régime alimentaire contraignant ? Durant cette semaine, au diable la diététique, les plans d’entrainement sportifs, A Vars la place doit être réservée en priorité aux loisirs vélo, au bien vivre, à la contemplation et à l’amitié. Le vélo dans une telle ambiance devient presque anecdotique

En résumé, les Six jours offrent beaucoup trop de points positifs pour si peu de négatifs, de quoi conforter largement notre décision de revenir dans ce beau pays de Vars où l’amitié, la bonne humeur et la convivialité sont partout présents. Merci à tous pour votre contribution à nous rendre cette semaine de vacances idyllique, de nous donner l’envie de gravir ces itinéraires de légendes malgré le poids des ans toujours plus lourd à supporter. L’appel de la montagne, combien d’année allons-nous encore y succomber ? Quelque soit la réponse, profitons sans retenue du présent, de ce cadre exceptionnellement beau et attirant. Les Alpes, c’est notre terrain de jeux et nous en avons pas encore répertorié toutes ses possibilités ni ses limites.

Michel CORAND   Couzeix « Haute Vienne »

 

Vars 2015

"Un label AOC estampillé Vars » devenu indissociable des six jours."

Michel Corand

             





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