Objectif: le Tibet


Ou la passion portée à son apogée

Quelle est la motivation qui pousse un cyclotouriste à guider ses roues vers l’inconnu, vers ces cols escarpés et inhospitaliers du bout du monde, parmi les plus hauts de la planète ?
-Une passion poussée à l’extrême ?
-Une soif de découverte ?
-Peut être tout simplement une irrésistible envie d’atteindre ses limites, de réaliser un rêve secret.
Tout sportif, qu’il soit professionnel ou de loisir aime à se fixer une marge, un but suprême à atteindre, si possible une fois dans sa vie.Tout cet ensemble conditionne, agit et tire de façon irrésistible l’individu vers ses limites les plus secrètes, vers le sommet de sa passion dont il rêve depuis toujours.

Le Tibet étant considéré comme le toit du monde, il est donc logique et naturel que cette destination mythique attire et fascine au point qu’elle devienne un objectif prioritaire. Une façon de dire : « J’ai enfin atteint mon objectif et le sommet de ma passion ».
-Ni vainqueur ni vaincu : Une bien belle définition du sport loisir !!!!!
-Que des passionnés : « Que cela soit dit, entendu et écrit »

Cette citation de mon copain Norbert concerne une quinzaine de cyclotouristes attirés et poussés par une passion commune et aventureuse à la découverte du monde. Des rives de la mer Morte, aux sables brûlants du désert du Wadi Rum en Jordanie par 50 °, au bivouac à 4.800 mètres par – 10° sur les pentes du col Lalungla, cette joyeuse bande de copains porte la passion du cyclotourisme à son apogée et valorise le sport loisir, celui dont on ne parle jamais, mais de loin le plus beau, le plus pur et le plus noble.
Oui, Norbert, « Que cela soit dit, c’est maintenant écrit ». Je me permets d’affirmer au nom de tous que ce raid Tibétain a mobilisé bien des ardeurs et une volonté évidente pour parvenir au sommet de notre rêve, de ces cols mythiques à plus de 5.000 mètres, froids, inhospitaliers et balayés par le vent et la neige, mais qui font aujourd’hui notre fierté et nos meilleurs souvenirs.

-Sans la passion, y serions-nous parvenus ?

PARIS / PEKIN

Non il ne s’agit pas de rallier Pékin à vélo et d’imiter les 150 cyclos, partis de Paris un matin de mars pour rejoindre la grande muraille et l’ouverture des jeux Olympique de 2008. Un fabuleux raid à travers des steppes Mongoles et de l’Asie centrale. Pour nous, se sera tout juste un banal vol que l’on appelle long courrier et qui vous permet de traverser sans escale une partie du monde et de vous déposer à pied d’œuvre au début du voyage. Magie du progrès qui met à la portée de chacun les destinations les plus lointaines, avec pourtant un inconvénient de taille, celui de partager l’intimité corporelle de votre voisin de siège en raison d’un espace plus que réduit…
 

PEKIN

L’entrée dans Pékin, capitale d’un pays au potentiel humain et énergétique impressionnant est un moment solennel et j’avoue être impressionné par le gigantisme de cette capitale.
Sur l’autoroute reliant l’aéroport à la ville, la circulation est dense et malgré l’heure matinale, les 5 files de circulation sont presque à saturation. Tout au long du parcours, des massifs de fleurs soigneusement entretenus occupent toute la longueur de l’avenue. Au sol subsistent encore à intervalles réguliers les 5 anneaux des récents Jeux Olympique de 2008. Au loin, noyés dans la brume, on distingue à peine les premières tours de la ville. Brouillard ou pollution, nous sommes vite fixés : à l’entrée de la ville nous constatons qu’il s’agit bien d’une pollution tenace, entretenue par une activité et une circulation au bord de l’asphyxie. Dès les premières heures, la ville est déjà en pleine activité et impressionne par son dynamisme. Piétons, cyclistes, motards et automobilistes se côtoient en silence, chacun préoccupé par ses projets journaliers.

Cette capitale en mouvement évoque l’image d’un ogre affamé toujours à la recherche de nouvelles proies et ce cliché imaginaire me rappelle une phrase célèbre.

 Quand la Chine s éveillera, le monde tremblera »

Cette citation de Napoléon, grand visionnaire pour son époque, a fait le titre d’un livre écrit par Alain Pierrefitte, homme politique et ministre à plusieurs reprises du Général De Gaulle et grand spécialiste de la Chine. Ce livre, avec un large regard sur le futur, annonce avec un réalisme surprenant, l’ascension irrésistible de ce gigantesque pays. Une ascension difficilement contrôlable dans sa marche en avant à la conquête du monde. Aujourd’hui l’on peut affirmer sans erreur possible que ce grand pays est parfaitement réveillé et déjà engagé dans sa conquête commerciale avec comme outils son énorme potentiel humain entièrement dévoué à la grandeur du pays. Avec ses grandes et larges avenues, ses immeubles ultra modernes, les quartiers d’affaires où les plus grandes marques de l’industrie mondiale sont représentées, cette ville est à l’écoute et ouverte sur le monde des affaires y compris celles du luxe et de la démesure.

La Cité interdite, la place Tienanmen avec le triste souvenir des événements du 4 juin 1989, le centre ville illuminé de mille feux, tout n’est que néons gigantesques, écrans publicitaires géants vantant la beauté des sites prestigieux du tourisme Chinois. L’ensemble grouille de vie et l’on sent un élan et une spontanéité peu commune des piétons à participer à l’élan général. Cette place, Tienanmen, l’une des plus grande du monde, est aujourd’hui le centre touristique et culturel de la capitale où la population branchée de Pékin et les touristes aiment à se rassembler et à déambuler dans les nombreuses rues piétonnes du secteur. Du haut de son mausolée, Mao, le père de la révolution d’octobre, contemple son œuvre. Le réveil de la Chine est maintenant une réalité. Pour le meilleur et peut être demain pour le pire, un milliard et demi d’habitants marchent vers le progrès à la recherche de son idéal.

Où s’arrêtera-t-il ? Difficile à prévoir !!!!! Une telle masse en mouvement est difficilement contrôlable….

Durant ces deux premières journées passées dans cette ville, nous avons beaucoup marché, visité et regardé vivre ce peuple. Nous avons été surpris par les petits boulots, parfois humbles et surprenants pour nous occidentaux. Dans ce pays où le chômage n’existe pas officiellement, c’est une façon de perpétuer une valeur universelle liée à la dignité de l’individu « travail égal salaire » Tout n’est peut être pas parfait sous ce régime, mais il existe encore quelques valeurs que l’on devrait importer et mettre en application chez nous en Occident. Surpris également par le nombre de panneaux et chauffe-eau solaires, par le nombre de vélos, cyclomoteurs et voitures électriques. Ce pays que l’on montre du doigt comme grand pollueur n’a pas attendu les conseils des donneurs de leçon pour se mettre « au vert »

Dans notre course à la découverte de la ville, une déception de taille : malgré sa proximité, nous n’avons pas visité la grande Muraille, ce monument exceptionnel qui défie le temps et impressionne encore par son gigantisme et son rôle dans l’histoire de la Chine.

 

 




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